L’effroi et les mots

par Loïc Chahine · publié samedi 14 novembre 2015

On aurait aimé vous parler. On aurait aimé vous offrir quelque chose.

Le rédacteur en chef du Babillard (qui écrit ces lignes) a essayé. Mais que dire ? Rien ne semble convenir, tant on se sent mal.

Nos pensées vont à ceux qui étaient sur place, à ceux qui ont perdu des proches, des amis, à ceux qui sont blessés, à ceux qui sont près des blessés, à ceux, aussi, qui sont sans nouvelles des leurs.

On vous offre en guise de compensation, quelques citations. Dans La Ballade de Lila K, roman de Blandine Le Callet, le personnage principal apprend par cœur des poèmes sans vraiment les comprendre toujours ni comprendre pourquoi — « tu comprendras plus tard », lui dit-on — et finit par avoir la révélation : ils éclairent son monde, ils éclairent sa compréhension du monde et de ses propres émotions.

« Un pays comme le notre n'a pas le droit de mettre son moral en veilleuse. Il faut qu'il continue à vivre, s'il a vraiment le désir de survivre. » — Sacha Guitry, Ils étaient neuf célibataires (1939).

« Mais en fin de compte, peut-être étaient-ils plus sages que moi, tous ces amis viennois, parce qu’ils ne souffraient que quand le malheur était réellement là, alors que j’en souffrais à l’avance en imagination et une seconde fois quand il avait lieu. »
»Aber vielleicht waren sie im letzten Sinne weiser als ich, all diese Freunde in Wien, weil sie alles erst erlitten, als es wirklich geschah, indes ich das Unheil im voraus schon phantasiehaft erlitt und im Geschehen dann noch ein zweitesmal.«

Stefan Zweig, Le Monde d’hier / Die Welt von Gestern (1942).

« La vie doit continuer. Peu importe les larmes, la douleur, l’indicible. On n’oublie rien, on y pense. Tout n’est pas parfait, tout n’est pas d’équerre. Bien sûr. Mais on ne rajoutera pas l’inhumanité à l’horreur. » — Sandrine Goyevaerts (2015).

« Nos culs doivent être l’emblème de la paix. »
Unsre arsch sollen die friedens=zeichen seÿn!
— Wolfgang Amadeus Mozart, lettre du 28 février 1778.

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